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De l’importance du Nail Art

Bien avant d’avoir commencé ce blog, bien après avoir découvert Sexactu, je cherchais des blogs, des sites internet, des publications féminines sur des sujets intéressants. Cahier des charges plutôt vague vous me direz. En fait, je cherchais des points de vue féminins sur des sujets aussi variés que possible : la dernière collection Dolce et Gabanna, le prix du pain, la guerre en Ouganda, comme bien choisir son tapis de bain…. Et évidemment je n’ai pas trouvé. Clairement, je n’ai pas su chercher. J’ai compris qu’au delà de la presse destinée aux femmes (qui ne parle que de mode, beauté, psycho….), la presse, spécialisée ou non, s’adresse aux hommes.

Peu de temps après, j’ai lu ce poste de Maia Mazaurette qui exhortait les femmes à s’emparer des choses. Parce que le nail art c’est bien gentil, mais faudrait quand même penser à s’activer un peu sur des domaines importants et sur les sujets qui comptent. J’étais complètement d’accord. Ce poste faisait grandement écho à ma recherche et à mon envie d’autre chose que des tests et des revues sur les meilleurs rouges à lèvres pour l’hiver.

Mais, ça, c’était avant que je lise ça. Changement de point de vue total, virage à 180°. Retour case départ. Rage intérieure, sueurs froides, colère sourde, tristesse. Je crois que c’est cet article, finalement, qui m’a fait féministe pour de bon, dans un nouvel élan. Et pourtant j’en ai lu des horreurs… L’article m’a mise en rogne surtout parce que je me suis rendue compte que le patriarcat avait gagné le jour où il a réussi à nous convaincre de notre futilité (sic!).

1. La culture féminine

Cet introduction aux ateliers de l’université des femmes, pour résumer brièvement, dépeint comment les femmes, en position de dominées, ont su créer et développer des arts, des compétences, des disciplines afin de s’épanouir, de s’exprimer et de s’émanciper. Ces disciplines, exclusivement féminines, étaient des passe-temps et des portails vers la liberté d’expression. Broderie, couture, point de croix, maquillage, coiffure, mode, décoration… Les femmes se sont emparés de leurs environnements pour les transformer à leurs images, besoins, envies. Et elles ont toujours excellé. Elles ont fait de l’art.

On peut citer des milliers d’exemples de cet art féminin, pour tous-tes les sceptiques. Cela va du maquillage-costume par la simple amatrice surdouée (une pièce pour le théâtre assurément) :

Petra Kozina H , artiste du maquillage

Et continue avec l’artiste qui a bien réfléchi à son propos :

Cindy Sherman travail sur la signification du maquillage et sa capacité à transformer les visages

Et le nail art n’est pas en reste, oui le nail art peut être de… l’art :  (portable?)

La mode, est bien sur un domaine aujourd’hui suivi quasi exclusivement par les femmes. Et sa meilleur illustration : la semaine de la mode de Paris. Paris, Capitale de la Mode, se transforme durant une semaine en théâtre géant. Disséminés un peu partout dans la ville, les défilés se bousculent pour présenter les dernières créations des artistes les plus en vue. C’est comme si, tout les six mois, on réunissait les plus grands peintres du moments pour une exposition flash éclair. Ou les plus grands metteurs en scène de théâtre pour un marathon de performance. Fascinant, grandiose, et suivi uniquement par la « presse féminine ». 

Jean Paul Gaulthier : Ceci n’a pas pour but d’être porté. De toute façon c’est passé de mode 🙂

Et bien sûr cela se retrouve dans la littérature avec « La lettre écarlate » de Nathaniel Hawthorne (écrit par un homme donc !). Roman dans lequel, une femme proteste contre son isolement social et son enfermement produit par un adultère qu’elle aurait commis en surbrodant la lettre A posée sur ses vêtements pour la stigmatiser jusqu’à la transformer en une pièce d’une beauté unique.

2. Oppression masculine :

Je crois ne pas avoir besoin de démontrer que l’on vit dans une société patriarcale (ouuu le mot qui fait peur) dominée par les hommes, et leur culture. Mais si je devais vous convaincre en une minute, je dirais que : les femmes gagnent 80 centimes pour chaque dollar que se font les hommes (économie, travail : check), que selon la New York Film Academy, entre 2007 et 2012, les femmes ne forment qu’un tiers des personnages qui ont des répliques, oui qui parlent. Et qu’elles portent des vêtements sexy dans un petit tiers des cas (culture de masse et male gaze : check), qu’il n’y a que 18 femmes qui dirigent un pays pour 196 états (politique : check)…

L’article de l’université des femmes, poursuit en expliquant que cette émancipation a été freinée voire interrompue. Le moyen : la société (les hommes) s’est mise à considérer ces activités magnifiques comme étaient inférieures, futiles, « superficielles », en somme sans intérêt. Et que, par conséquent, les femmes feraient mieux de s’occuper de choses plus importantes que ces choses futiles ou bien d’accepter le fait qu’elles soient naturellement non »productives », non « utiles », juste de la déco. Large paradoxe ! D’autant plus que dans le même temps d’autres activités vaguement inutiles ne prenaient pas le même chemin vers le dédain : les jeux vidéos, aujourd’hui en passe de devenir de 10ème art (classe pour un univers, quasi exclusivement destiné aux hommes), la musique, la pêche sportive… Sans qu’elles aient parfois un potentiel artistique aussi fort d’ailleurs.

Cette culture féminine a donc été rabaissée au rang de passe temps légèrement honteux et franchement superficiel sans aucune chance de rédemption, quelque soit le temps passé ou la performance. Par contre, cet effet tombe une fois l’activité reprise à leur compte par des hommes. Pour résumer franchement : la couture par ta mère c’est pourave, mais Jean Paul Gautier et Elie Saab ils ont la classe (seulement 2 stylistes femme dans le club très serré de la haute couture). De même, la bouffe c’est une corvée, mais Bocuse il gère du pâté… (13 femmes étoilées au Michelin pour 558 hommes en 2011). 

3. Reprise des négociations

Mais alors quoi faire ? Je reste convaincue que nous ferions mieux, nous les femmes, de ne pas nous cantonner aux disciplines que nous avons hérité de nos grands-mères. Allons dans l’espace, faisons de la politique, dessinons des voitures, créons notre imagerie pornographique et érotique (Maïa, c’est pour toi 🙂 ).

Mais défendons encore plus notre culture féminine. Si les femmes étaient une communauté avec une religion écrite dans un livre, il serait interdit, aujourd’hui, de dénigrer notre culture. Mais nous n’avons pas de Bible. Alors défendons notre culture et diversifions-la. Oui le Nail art et le maquillage, ça sert à rien. Autant que de jouer à World of Warcraft, ou la pêche sportive. Mais le nail art, c’est parfois très beau, souvent dur à faire, et certaines s’éclatent et s’expriment en le faisant.

Rayons de nos dictionnaire les mots « futile » et « superficielle », prenons en main notre culture, et produisons la fièrement.

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4 réflexions sur “De l’importance du Nail Art

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