[Preuve par neuf] Parabens, sulfates, sels d’aluminium : danger ou psychose ?

Sur ma nouvelle crème hydratante, est écrit en gros et bien visible « sans paraben, sans huile minérale, sans silicone ». Ça doit probablement expliqué le prix que j’ai payé (le prix d’un investissement plus sûr dans le cuivre). En somme, comme pour le light dans l’alimentation, on enlève des ingrédients pour ajouter du prix : l’équilibre est sauf.

Mais est-ce que ca vaut le coup ? Depuis déjà quelque temps, le marché du bio explose et toutes les Youtubeuses semblent partagés sur les choix à faire (y compris mon amie Mousse et pamplemousse). La plupart est prise dans le paradoxe entre continuer à utiliser les produits qu’elles aiment depuis toujours (certains cosmétiques sont même un peu chouchous et nostalgiques pour elles) et avoir des produits sains et naturels. Dans une mesure, le paradoxe nous saisit un peu toutes : est-ce que je dois acheter quelque chose qui est bon pour l’environnement, bon pour ma peau ou efficace quitte à utiliser des ingrédients un peu douteux ? Dois-je changer toute ma routine ? Dois-je augmenter mon budget ?

Alors il est temps de sortir tout le monde de l’ombre avec l’aide de la science une fois encore.

Suspect n°1 : Les parabens

Les parabens sont utilisés dans les cosmétiques comme conservateurs anti-bactérien et anti-fongique. Ils permettent d’éviter en somme que vos pots de crème se recouvrent de champignons et autres joyeusetés. Ils sont d’ailleurs aussi utilisés dans le même objectif dans certaines boissons, certains aliments comme la confiture et dans des médicaments. Certains fruits en contiennent même naturellement comme la myrtille et la fraise par exemple.

En 2004 naissent les premiers soupçons sur ces molécules du fait d’un médecin qui aurait observé une forte concentration de ces derniers dans une tumeur du sein. Une étude in vitro (dans un tube à essai en somme) est lancée et on découvre une action des parabens sur les œstrogènes et la fertilité masculine (http://www.efsa.europa.eu/fr/efsajournal/pub/83.htm). Pour confirmer cette théorie, les chercheurs mènent une étude in vivo (sur des animaux vivants donc) et on observe aucun effet cette fois même à très fortes doses. Par conséquent, nous en sommes encore un peu au point de départ sur cette question :

En l’état actuel des connaissances, on ne peut pas conclure de la dangerosité des parabens.

Suspect n°2 : les sels d’aluminium

Les sels d’aluminium sont utilisés généralement dans les déodorants pour leur propriété anti-transpirante. En effet, ils permettent de réduire les pores de la peau limitant donc la transpiration qui s’en dégage. La pierre d’alun, utilisée par certains comme anti-transpirant naturel, en contient (c’est d’ailleurs en partie pour cette raison que ça marche).

Je n’ai pas pu dater l’origine de la suspicion les concernant mais récemment le débat s’est enflammé autour d’eux à partir d’un article de la revue 60 millions de consommateurs. Un certain nombre d’études aurait prouvé qu’ils augmentaient le risque de cancer du sein. Néanmoins, une méta-étude a été faite (une étude qui analyse toutes les autres et regroupent toutes les petites études menées par ci par là sur un petit échantillon). Elle a conclu qu’il n’y a aucune augmentation du risque de cancer du sein liée aux sels d’aluminium.

Vous pouvez donc continuer à utiliser votre déodorant habituel en paix !

Suspect n°3 : les sulfates

Cette liste de grands méchants n’aurait pas été complète sans un accusé bien en vogue en ce moment : les sulfates. Les sulfates sont un tensioactif utilisé dans à peu près tout ce qui est lavant : les gels douches, les shampoings, les savons, la lessive, les détergents… Le choix de les avoir dans tous ces produits est lié au diptyque classique : ils sont efficaces et vraiment bon marché.

Avant de poursuivre, essayons d’être clair : un tensioactif comme les sulfates a pour rôle de laver. Concrètement, ils permettent de dissoudre les graisses (la saleté donc) dans l’eau parce qu’ils sont formés comme une branche avec 2 têtes : une qui attire la graisse et une qui attire l’eau. Ils font aussi mousser par conséquent votre produit pour une sensation de confort.

Alors de quoi les accuse-t-on ? En premier lieu, ils seraient irritant, le problème venant de leur trop bonne efficacité. Ils auraient donc tendance à « décaper » la peau de son film gras, irritant celle-ci et la desséchant. Ici, on peut distinguer 2 types de sulfates : les Sodium Lauryl Sulfate dit SLS et les Sodium Laureth Sulfate dit SLES. Les premiers semblent plus irritants que les seconds qui les ont peu à peu remplacés.

Dans un second temps, la vindicte populaire a aussi soulevé des suspicions d’augmentation du risque de certains cancers (ce qui semble être un peu le marronnier du produit chimique suspect). Pour cette part, c’est totalement faux : de nombreuses études ont pu le prouver. C’est un mythe et encore une fois un hoax sur internet que plusieurs instituts de cancer ont démenti plusieurs fois.

Alors que faire ? Si vous avez la peau sèche et/ou que vous appréciez prendre une ou plusieurs douches par jour, vous pouvez considérer changer de formulation de même que si l’écologie est une préoccupation pour vous (le sulfure utilisé est un dérivé du pétrole). Sinon, vous pouvez aussi considérer l’idée de prendre moins de douche et plus souvent des toilettes de chat.

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7 réflexions sur “[Preuve par neuf] Parabens, sulfates, sels d’aluminium : danger ou psychose ?

  1. Isabelle dit :

    Vous avez pris comme lien pour prouver la non dangerosité des sulfates une étude américaine tellement sérieuse qu elle fait une demi page, même pas. Et qui fini par dire que c est safe seulement si c est utilisé sur la peau très brièvement avec beaucoup de rinçage et qu il y a en moins de 1 %. Ce qui n est pas du tout le cas !! On comprends que vous ayez envie de garder vos produits avec sulfate sans culpabiliser, mais vos arguments sont faibles voir inexistants.

    • Bonjour Isabelle !
      Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire l’article et de commenter. Voici ma réponse :
      Cet étude que vous mentionnez est en réalité bien plus longue et construite. La demi page en question n’est que le résumé mais je peux vous faire parvenir l’article complet de plusieurs pages si vous souhaitez le consulter. De plus, cette étude fait référence dans le milieu scientifique notamment parce qu’elle a été réalisée sur un échantillon large de rats permettant une fiabilité statistique satisfaisante. L’article est d’ailleurs publié dans une revue scientifique de toxicologie qui a très bonne réputation.
      De plus, l’étude conclut en effet qu’il faut utiliser les sulfates en concentration inférieure à 1% ce qui est le cas des cosmétiques en Europe (ils sont soumis à contrôle). Je me permets donc de conclure qu’il n’y a pas de toxicologie prouvée des sulfates au taux contenu dans les cosmétiques.

  2. Bon et bien je tombe des nues pour les sels d’aluminium.
    Autant pour les parabens je savais que c’était finalement beaucoup mieux que ce qu’on utilise aujourd’hui (mais comment faire comprendre à l’opinion qu’on peut revenir en arrière) autant pour l’aluminium je suis surprise.
    Merci pour l’information.

    • Eh bien de rien ! Je suis comme toi, je pensais trouvé quelque chose indiquant leur toxicité mais à priori, c’est plutôt de l’ordre de la psychose collective sur les produits « chimiques ».

  3. Hyper intéressant comme article..

    en effet je me demande toujours sur quoi se basent concrètement les allégations du type « tel ingrédient est à éviter ». Je me demande aussi si ce n’est pas préférable de garder un ingrédient utilisé dans pléthore de produits et depuis longtemps (= recul), plutôt que de vite le remplacer par un inconnu (et qui sera certainement décrié lui aussi dans quelques années).

    Il y a une sorte de cercle vicieux: des « lanceurs d’alerte décrètent un ingrédient non-désirable, la demande augmente, l’offre suit; et par cette offre, désormais abondante, il y a comme une légitimation de l’alerte initiale -et il me parait très difficile de faire marche arrière dans l’opinion publique une fois les preuves (ou leur absence) démontrées.

    Je viens de tomber sur ton blog par hasard et j’aime beaucoup ce que j’ai déjà lu – ça me donne envie de binge-read tout tes articles 🙂

    Bon dimanche 🙂

    • Merci Diana ! Ton commentaire est très pertinent, il a cet effet un peu Panurge et du coup, comme tout le monde aboie dans la même direction, le bruit s’amplifie nécessairement. Je suis d’accord avec ton idée de recul. J’ai trouvé un certain nombre d’articles qui soulevaient le problème du remplacement des parabens notamment avec des produits assez peu testés en amont.
      En tout cas, bienvenue sur le blog et n’hésite pas à en parler autour de toi 🙂

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